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2000 Ans d’Histoire à l’Amphithéâtre de Saintes
Au Cœur de Mediolanum 

Sentez-vous immense en dominant l’amphithéâtre de Saintes à votre arrivée, puis infiniment petit une fois au cœur de l’Arène. C’est l’expérience unique que vous offre ce lieu bimillénaire, témoin de 2000 ans d’histoire. 

20-10 av. J.-C
L'Arrivée des Romains et l'Essor de Mediolanum

Avant le Ier siècle av. J.-C., la région de Saintes était habitée par le peuple gaulois des Santons, qui a donné son nom à la ville et à la Saintonge. L'arrivée des Romains, suite à la Guerre des Gaules, va transformer le paysage. 

Le site de Saintes est alors choisi pour devenir Mediolanum, une ville majeure, probable capitale de la nouvelle province de Gaule Aquitaine. Les vestiges romains exceptionnels découverts à Saintes, datant de 20-10 av. J.-C., attestent de ce passé glorieux. 

La ville connaît un essor fulgurant jusqu'au milieu du IIe siècle, se développant sur un plan en damier typique. Mediolanum se pare de grands monuments publics romains tels que forums, thermes, temples, nécropoles, quartiers résidentiels, commerces et ateliers artisanaux (potiers, verriers...). À son apogée au milieu du IIe siècle, la cité atteint plus de 100 hectares, intégrant déjà des édifices de spectacles comme le théâtre, et l'amphithéâtre de Saintes. 

20-10 av. J.-C
20 - 50 ap. J.-C
Construction de l'Amphithéâtre de Saintes

Témoin de cette période faste du Haut-Empire romain, l'amphithéâtre antique de Saintes fut probablement bâti entre 20 et 50 ap. J.-C. Il est ainsi l'un des plus anciens amphithéâtres de Gaule, précédant d'un demi-siècle des monuments comme Nîmes, Arles ou même le Colisée. La Gaule, hors Italie, est d'ailleurs le territoire comptant le plus d'amphithéâtres, avec environ 40 sur les 300 connus dans l'Empire romain. 

L'amphithéâtre, littéralement "deux théâtres qui se regardent", est une invention romaine symbolisant leur civilisation. Il accueillait d'immenses festivités, dont les célèbres combats de gladiateurs. 

Son implantation à Saintes fut favorisée par la topographie locale, permettant d'appuyer ses versants nord et sud sur le flanc d'un vallon naturel, aujourd'hui appelé le Vallon des arènes. L'édifice est principalement construit en pierre calcaire de taille, abondante dans les carrières locales. 

20 - 50 ap. J.-C
Architecture de l'Amphithéâtre

Avec ses dimensions imposantes (126 mètres sur le grand axe, 102 mètres sur le petit axe), l'amphithéâtre de Saintes est comparable à ceux de Nîmes ou Arles. Il pouvait accueillir entre 12 000 et 20 000 personnes, soit l'estimation de la population de la ville à l'époque, car tous les habitants étaient conviés aux spectacles. 

Voici quelques éléments clés de son architecture romaine : 

  • 35 rangées de gradins réparties sur trois niveaux, plus le podium. 
  • Environ 90 escaliers (vomitoires) desservaient les différents niveaux de gradins, marquant la séparation sociale des spectateurs. 
  • Deux portes monumentales : la Porte Sanavivaria (des Vivants) et la Porte Libitinensis (des Morts), dont les noms évoquent la nature des événements. 
  • Une arène centrale elliptique d'environ 66,50 mètres de long sur 39 mètres de large. 
Les Festivités Antiques : Vie et Jeux dans l'Arène

L'amphithéâtre de Saintes était avant tout un lieu de festivités intenses pour les Gallo-Romains, accueillant les fameux combats de gladiateurs. 

Les jours de fête, appelés "Ludi", l'amphithéâtre affichait complet. Des échoppes de nourriture et de produits dérivés s'installaient tout autour de l'enceinte. La "Pompa", une grande procession festive composée de musiciens, danseurs, statues de dieux, prêtres, personnalités locales et bien sûr les gladiateurs, accompagnait le président des jeux sur son char. Elle traversait la cité décorée avant de pénétrer l'Arène par la Porte des Vivants. 

Après le défilé, la matinée était consacrée aux venationes : chasses et combats d'animaux sauvages. L'arène était alors transformée par des décors naturels pour une mise en scène spectaculaire. 

Après le déjeuner, parfois accompagné de l'exécution de condamnés, venait le moment fort de l'après-midi : l'entrée des "Dieux du Stade" dans l'arène ! Véritables stars et athlètes de haut niveau, les gladiateurs s'affrontaient en duel (parfois deux combats simultanés) selon des règles très strictes. Il est important de noter que, contrairement aux idées reçues, les combats à mort, bien que existants, ne représentaient qu'une minorité des affrontements et étaient souvent décidés en amont. Chaque gladiateur avait un surnom et une spécificité, appartenant à différentes catégories. 

IIe siècle ap. J.-C
Déclin et Redécouverte du Monument

L'apogée de Mediolanum fut atteinte au cours de la première moitié du IIe siècle ap. J.-C., avant une période de déclin dont les causes ne sont pas clairement identifiées. Ce phénomène pourrait être lié au développement de nouvelles capitales romaines en Aquitaine, comme Lemonum (Poitiers) puis Burdigala (Bordeaux), au détriment de Saintes. 

Les sources archéologiques témoignent de ce repli : baisse de l'activité des potiers, diminution de la sculpture ornementale, appauvrissement de l'habitat privé, abandon de certains quartiers et construction de puissants remparts à la fin du IIIe siècle (réutilisant des blocs des grands monuments publics). Ce repli des villes ouvertes derrière des fortifications était un phénomène généralisé en Gaule face aux invasions.

À la fin de l'Antiquité, l'amphithéâtre se retrouva en marge de la ville close. Son usage fut progressivement délaissé, en raison du coût exorbitant des spectacles et de l'essor du Christianisme, qui condamnait la gladiature. Son éloignement de l'urbanisation a probablement contribué à le préserver d'une destruction totale ou partielle, contrairement à d'autres villes. 

Après des mentions iconographiques aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, il faut attendre 1840 pour que l'amphithéâtre de Saintes soit officiellement inscrit sur la première liste des Monuments Historiques. Cette reconnaissance fut impulsée par Prosper Mérimée et Victor Hugo, lors de leur tournée des années 1830. 

Fortement endommagé par le temps, les intempéries et l'action humaine (le dernier étage de gradins a disparu), l'amphithéâtre devint alors un lieu de promenade et même de dévotion, lié au mythe de Saint-Eustelle. 

IIe siècle ap. J.-C
XIXe siècle
Fouilles, Restaurations et Spectacles : De 1840 à Aujourd'hui

Conscients de la valeur exceptionnelle de ce site, les acteurs locaux (politiques, historiens, scientifiques...) ont mis en place, dès le XIXe siècle, une série de mesures pour le sauver. 

Trois phases de fouilles archéologiques "de sauvetage" se sont déroulées entre la fin du XIXe et la fin du XXe siècle. Elles ont permis de redécouvrir des éléments architecturaux et du mobilier archéologique enfouis. Ces découvertes ont été suivies de travaux de restauration essentiels, visant non seulement à protéger le lieu, mais aussi à le rendre à nouveau apte à accueillir des spectacles d'envergure. 

Tout au long du XXe siècle et encore aujourd'hui, les Arènes de Saintes ont accueilli des événements grandioses : théâtre, opéra, arts de rue... atteignant parfois des affluences comparables à la jauge antique de 20 000 personnes, malgré l'absence d'un étage de gradins ! 

Au cours des vingt dernières années, pour mieux préserver ce site (devenu propriété de la Ville de Saintes), les spectacles se poursuivent, mais avec des jauges réduites (entre 1 000 et 1 500 personnes), se limitant aux gradins encore visibles. 

XIXe siècle
Époque actuelle
Tourisme et patrimoine

Aujourd'hui, les Arènes de Saintes sont un site touristique et patrimonial majeur de Nouvelle-Aquitaine. Ouvertes toute l'année, elles accueillent environ 40 000 visiteurs annuels.

Depuis 2019, une phase de restauration majeure est en cours pour que ce lieu antique continue de témoigner de son riche passé, fort de ses 2000 ans d'histoire. 

Époque actuelle

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